Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

Les vins d'Alsace et le vignoble Alsacien

L’Alsace est la plus grande région de vin blanc de France et peut être même de la planète entière, mais elle a besoin d’être plus structurée pour être mieux comprise et plus envieuse de l’amateur, du professionnel, en sommes de tous les consommateurs œnophiles. Dans la situation actuelle cette région viticole effraie la plupart des personnes de par sa complexité de terroir, d’encépagement, d’équilibre et des noms de crus compliqués pour les franciliens. Certaines personnes souhaiteraient simplifier ce grand vignoble, en sacrifiant sur l’hôtel de la facilité toute la richesse qui naît de cette complexité.

Je pense profondément que c’est une erreur fondamentale de stratégie à la fois commerciale, législative et politique. L’histoire récente du vignoble Alsacien nous a démontré ces quatre dernières décennies que le vigneron Alsacien a souvent fait le mauvais choix, en découle la récente crise vinicole du vignoble courant les années 2000. Je réfléchis depuis plusieurs mois à la question de la restructuration législative de ce vignoble dans le monde vinicole d’aujourd’hui. Il a fallu se concentrer sur plusieurs facteurs importants et non négligeables. Le premier étant l’implantation géographique du vignoble, mais aussi les appellations actuelles et leur mode de fonctionnement.

A cela je rajoute les particularités de certain cru et certains acteurs majeurs de vignoble qui sont des moteurs de la région apprendre le vin n'est pas simple. La seconde étant la partie technique de la viticulture et de la vinification, tout en conservant à l’esprit la notion de terroir. La dernière partie concerne le marché intérieur et extérieur actuel et les marchés d’avenirs. En somme l’Alsace a besoin d’être complètement restructurée, en lui conférant plus de rigueur dans l’établissement de sa fondation législative. Dans cette optique ma vision des choses ne va pas simplifier les choses, mais donner plus de discipline à la complication de l’apprentissage de l’Alsace. Pour cela je vais m’aider des autres vignobles Français, en prenant deux exemples diamétralement opposés (la Bourgogne et le Languedoc-Roussillon), mais complémentaires pour la solution Alsacienne.


Au jour d’aujourd’hui l’Alsace se structure en trois appellations d’origines contrôlées : AOC Alsace avec la mention du lieu-dit ou nom de la cuvée, sans oublier les mentions vendanges tardives et sélections de grains nobles, Alsace Grand Cru avec le nom du grand cru et l’appoint des mentions V.T ou S.G.N et enfin l’AOC Crémant d’Alsace.

Bien entendu la problématique des sucres résiduels est un point souvent évoqué comme gênant pour la plupart des consommateurs, mais elle est en somme très discutable, car un vin correctement équilibré permettra toujours d’avoir une harmonie sur ce point là. En sachant cela il faut également préciser qu’il y a des terroirs ou parcelles qui produisent naturellement et cela à chaque millésime des sucres. Ensuite, il y a la problématique des lieux-dits et de leurs situations géographiques ou bien de cuvée portant des prénoms (ces derniers étant attribués pour faire plaisir à sa famille ou parce que le cadastre de la parcelle n’a pas de nom bien précis).

La mention du cépage qui ne précise pas vraiment le secteur géographique de sa production d’origine. A cela il a bien entendu un coupable, et celui-ci est justement la rédaction de l’AOC Alsace qui est en soit trop simple, trop libre et qui finalement pause une problématique profonde de part son manque de structure. Faisons comme les politiciens réformons !

 

Mon idée est la suivante :

 

- Conserver une AOC Alsace (une AOC régional) pour les deux départements (Bas-Rhin et Haut-Rhin), en réformant et en rajoutant plusieurs points du texte original. Il faudrait augmenter la densité de plantation à 7000 pieds à l’hectare, à la fois pour calmer les rois de l’abus de la mécanisation dans les vignes, mais aussi pour le pinot noir qui serait pour celui-ci un minimum syndicale qualitatif. Baisser le rendement de plus de 80% à au moins 50%, cela permettra peut-être de faire réfléchir les rois du rendement, qui sont les principaux coupables de l’image peu qualitative que peuvent avoir certains consommateurs, concernant les vins d’Alsace. Lorsque les vins dépassent les 10 grammes de sucres résiduels l’adoption sur étiquette d’une mention doux. On peut également imaginer comme pour le Champagne une graduation en sec, demi-sec et doux et cela hors mention V.T et S.G.N, car ces dernières étant légiféré. Bien entendu conserver la mention du cépage sur l’étiquette en plus de l’AOC Alsace. Il serait dommage de perdre la mention de cépage alors que plus de la moitié de la planète ne jure que par le cépage et en a rien faire du terroir.

 

- Créer des appellations de village comme en Bourgogne et privilégier les communes se situant sur la route des vins d’Alsace qui comportent un Grand Cru. Les communes se trouvant juste à côté, sans grand cru ou un peu plus loin serait soumis à l’appellation régionale ou sous-régionale (pour exemple AOC Alsace Bas-Rhin ou AOC Alsace Nord). Dans l’appellation communale, il faudrait statuer les lieux-dits en Premier Cru et conserver l’appellation communale avec mention du cépage (comme pour les Premiers Crus), cela permettant de contrer les vins de cépage (appartenant à la spécification ampélographique du vignoble d’Alsace) extérieurs à l’Alsace sans indication géographique protégée ou non protégée. Bien entendu créer pour l’appellation communale et communale 1er Cru un cahier des charges bien précis et pouvant s’appliquer à l’ensemble du vignoble. Pour schématiser mes propos je vais prendre un exemple et garder celui-ci jusqu’à la fin de mes idées. Je vais prendre la commune d’Andlau dans le Bas-Rhin et le pinot gris. Voilà ce que cela peut donner :

AOC Andlau Pinot Gris et AOC Andlau 1er Cru Clos Rebberg Pinot Gris. Je ne vois pas pourquoi les communes Bourguignonnes portent dans l’AOC leurs noms de commune respectifs et pourquoi nous ne pourrions pas permettre cela au vignoble Alsacien. Bien entendu le nombre de commune en Alsace est bien supérieur à la Bourgogne (et cela se discute avec la récente démultiplication des AOC du sud de la Bourgogne viticole). En revanche il reste la problématique des cépages qui sont plus nombreux en Alsace, qu’en Bourgogne sans oublier la possibilité de l’assemblage et de la complantation. Pour étayer ce point prenons comme exemple le vignoble du Languedoc-Roussillon et nous ferons en même temps le joint avec les Grands Crus.

 

- La notion de vin terroir est très importante en Alsace, comme évoqué quelques lignes plus haut, l’Alsace a toujours eut comme particularité l’inscription du cépage sur l’étiquette. Particularité propre à ce vignoble et n’étant que rarement appliqué dans les autres vignobles de l’hexagone. Cette particularité a d’ailleurs pour certain spécialiste du monde du vin laissé la valorisation du terroir au second plan, ce qui est d’ailleurs préjudiciable pour la magnifique mosaïque géologique Alsacienne. Plus d’une dizaine de famille de terroirs différentes, en si peu d’espace est bien entendu formidable et unique. En découle la priorité de refonte de l’AOC Alsace Grand Cru.

 

La nouvelle mission de l’Alsace est de valoriser au maximum ces terroirs uniques et nobles, mais voilà, le chantier est énorme pour caractériser chaque Grand Cru, et la discorde entre certains grands vignerons fait rage, notamment sur le point du choix du (ou des) mono cépage(s), de l’assemblage ou de la complantation en relation directe avec l’historique des coutumes viti/vinicoles. Il est vrai que dans sa globalité l’AOC Alsace Grand Cru est historiquement mono cépage avec la seule possibilité d’octroyé cette appellation lorsque les vins sont issus des quatre cépages nobles suivants : Gewürztraminer, Riesling, Pinot Gris et Muscat. Tout en gardant à l’esprit certaine particularité comme l’Altenberg de Bergheim qui peut être complanté, le Kaefferkopf qui peut être un vin d’assemblage ou encore le Sylvaner Grand Cru Zotzenberg. Pour bien comprendre ma réflexion, il faut ingérer plusieurs principes fondamentaux sur les Grands Crus. Le premier étant que, l’expression variétale typique du cépage disparaisse pour laisser place à l’expression du terroir. Pour exemple prenons le Gewürztraminer qui n’est carrément pas un vecteur géologique de son terroir à contrario du Riesling (je ne dis pas par là que certains Grand Cru ne magnifient pas le Riesling dans une expression unique, je dis juste que le Riesling est plutôt le surdoué de la classe dans le domaine de la retranscription de l’expression du terroir), qui lui restitue à merveille la communication géologique de la parcelle où il est planté.

 

Donc le Gewürztraminer exprime plus que souvent son raisin, avant d’exprimer le terroir où il est planté, mais il y a des Grands Crus où ce cépage est magnifié et caractérisé par le terroir. Pour exemple prenons le Gewürztraminer Grand Cru Mambourg qui est de loin un des plus magnifiques terroirs pour ce cépage, il serait bien dommage de l’assembler ou de le complanter avec d’autres cépages, nous aurions perdu en pureté. Cela serait dommage, mais d’un autre point de vue qui est loin d’être erroné, l’assemblage et dans un degré encore supérieur la complantation, permet une expression plus juste du terroir. En plus de ces deux réalités il y a en une troisième qui stipule que certains Grands Crus conviennent à la caractérisation unique de plusieurs mono cépages. Deuxième principe à intégrer, c’est que la dénomination de Grand Cru doit être attribué à des vins d’exception, en résulte la proscription d’une culture conventionnelle (une culture en AB devait être une obligation, sans quoi la notion de terroir n’a aucun sens), une réflexion profonde sur la densité de plantation en relation directe avec le choix du porte-greffe et le rendement maximal autorisé, le (ou les) bons(s) cépage(s) adapté(s) aux différentes natures de sols, en faisant également attention à la polarité des différents composants géologiques du terroir en question, mais aussi de respecter en cas de complantation ou d’assemblage les caractères réductifs ou oxydatifs des cépages mariés et d’autoriser exceptionnellement tout produits œnologiques de correction en cas de millésime à météo difficile. Une petite idée qui me vient au passage serait de nouveau inclure le Pinot Noir dans les cépages nobles étant autorisé à l’appellation Grand Cru. A ceci deux motivations précises : la première étant que certains de nos terroirs lui sont plus que profitables et donnent des vins d’exceptions, la deuxième étant que le vignoble Alsacien est dominé par le vin blanc et que plusieurs appellations de Grand Cru attireraient les amateurs de Grand Pinot Noir Bourguignon, permettant de casser l’image du Pinot Noir rosé sans intérêt.

 

A l’heure actuelle le vignoble travaille afin de revaloriser les Grands Crus ; leur première démarche a été d’agrandir les caractères du Grand Cru sur l’étiquette et de diminuer ceux du cépage, mesure tout a fait louable, mais insuffisante en soi. Ensuite vint la refonte Grand Cru par Grand Cru, mais qui créa certaine discorde entre vignerons phares du vignoble. En soit il serait plus simple de faire comme ceci :

Il faudrait créer une AOC propre pour chaque Grand Cru en suivant le modèle Bourguignon. Je cite le village de Chambolle-Musigny et le Grand Cru Bonnes Mares qui se situent sur deux communes (ceci faisant référence aux Grands Crus Alsaciens qui appartiennent à deux villages différents), dans lesquels il faudrait comme dans les appellations méridionales des maximas exprimés en pourcentage de cépages autorisés pour satisfaire les vignerons désireux de faire un vin d’assemblage ou de complantation, en incluant l’exception Alsacienne d’autorisé également un ou des 100% mono cépage. Si il y a intérêt réel ou historique à produire un Grand Cru mono cépage, ce qui est le cas pour certains des Grands Crus, dans le cas contraire il est préférable d’uniformiser la solution de l’assemblage ou de la complantation, car elle apporte bien plus de vérité sur l’expression du terroir à travers le vin. Cette réflexion est également possible pour les 1er Cru, à l’exception près que la plupart des lieux dits sont souvent la propriété d’un seul vigneron, ce qui laisserait le libre choix au vigneron de faire comme il le désire. Mais cela serait peut être trop compliqué ?

 

Donc pour récapituler avec mon exemple d’origine nous pourrions avoir du Pinot Gris de la même origine géographique, mais de quatre niveaux de qualité différents, avec quatre appellations différentes :

 

Je précise que par expérience le Pinot Gris a pour terroir de prédilection les sols argilo-calcaire, en seconde solution sans être inintéressant les sols d’origine gréseux et schisteux et pour les autres types de sols il donne un vin plus simplet.

AOC Alsace Pinot Gris : Si le cépage est planté à Andlau sur une autre nature de sol autre que les argilo-calcaires, calcaires, marno-calaires, marno-calcaro-gréseux ou schiste…

AOC Andlau Pinot Gris : Si il provient d’un type de sol cité juste au-dessus.

AOC Andlau 1er Cru Clos Rebberg Pinot Gris en mono-cépage issu de schiste gris de villé ou AOC Andlau 1er Cru Clos du Val d’Eléon vin d’assemblage Pinot Gris/Riesling issu de la même nature géologique.

AOC Moenchberg : Un des trois Grand Cru d’Andlau et dans ce cas aucune mention du cépage sur l’étiquette, ce sera aux consommateurs de savoir si le vin est un mono-cépage, un assemblage ou une complantation, si bien entendu il le souhaite. Pour cela prenons pour exemple l’AOC Bandol, qui interdit le 100% mourvèdre pour les rouges, mais pourtant de nombreux domaines font des 99.9% mourvèdre sans l’appoint des autres cépages autorisés dans l’AOC et ceci ne dérange personne.

 

Alors pourquoi ne pas faire comme cela ?

 

Il est vrai qu’en amont le vignoble devra bien définir quels types de sol est le plus propice avec tels ou tels cépages, mais mis a part ce petit travaille, le reste de la pyramide serait beaucoup plus simple à construire. Tout en étant plus précis et plus lisible du point de vue du consommateur, bien qu’il doive admettre que l’Alsace est une région complexe, mais qui serait désormais moins fouillis, moins décourageante à l’apprentissage, même s’il est complètement à refaire.

Les commentaires sont fermés.